Sans doute ne connaissez-vous pas Opus Nova – ou pas encore ? Pas étonnant. Ce nouvel arrivant de l’industrie du cosmétique, créé il y a à peine trois ans à Strasbourg, n’en est qu’au tout début de la mise sur le marché de la gamme de ses produits anti-âge. Mais ce qui nous intéresse ici, ce n’est pas tant l’entreprise elle-même – vous en saurez plus en lisant l’encadré ci-après – que le parcours de son fondateur.
Jean Barthomeuf, ingénieur chimiste, a commencé à travailler pour de grands groupes industriels en région parisienne. Après avoir dirigé une start-up de biotech, il reprend, en 2009, les Laboratoires Schwartz, à Strasbourg, spécialisés dans la cosmétique et la nutrition. L’entreprise conçoit et crée des compléments alimentaires pour des marques. Par souci de mieux maîtriser sa chaine de valeurs, le dirigeant lance une nouvelle société qui crée ses produits et les commercialise sous sa propre marque. Il s’associe avec un spécialiste de la distribution… et ça se passe mal. Conflits, tribunal, procédure collective jusqu’à la liquidation judiciaire. « Une guerre contre l’adversité, qui dure près de sept ans, se souvient le dirigeant. Cela a été épuisant moralement. Je me suis fait une carapace jusqu’au moment où j’ai réalisé qu’il était préférable d’arrêter. » Nous sommes en 2020.
Bienveillance sans complaisance
« J’avais la ferme volonté de redémarrer, mais j’étais très seul. Allez voir un banquier alors que vous sortez d’une liquidation judiciaire… ! Quasiment impossible. C’est là que j’ai rencontré 60 000 Rebonds. » Il contacte l’antenne de Strasbourg et un premier rendez-vous est fixé avec deux bénévoles de l’association. L’entretien dure deux heures : « Je leur raconte tout. Tout ce qui s’est passé. Ma situation financière. Mon ressenti. Cela n’a pas été facile. Personne n’aime raconter ses bobos, tout mettre sur la table. » Dans la foulée de ce premier rendez-vous, un coach et un parrain sont désignés : ils vont accompagner Jean Barthomeuf pendant toute la durée de la démarche du rebond. Il rencontre son coach, un ancien RH, une fois par semaine. « Il identifie les points durs, mon rapport à la situation présente. Je fais un vrai travail sur moi-même. C’est toujours très bienveillant mais pas complaisant. »
La question est la suivante : avant même de penser à l’avenir, êtes-vous prêt ou n’êtes-vous pas prêt pour rebondir ? La réflexion sur le projet futur viendra après. « C’est là que je réalise que j’ai été vraiment abimé et que je l’ai caché au fond de moi. » Outre ces séances de coaching personnalisé, une fois par mois, il participe à une réunion durant laquelle tous les entrepreneurs en rebond présentent collectivement leur situation, leurs difficultés et leurs progrès, face aux bénévoles de l’association. « Pour moi, cet exercice était vraiment difficile. Je me demandais pourquoi je m’infligeais tout ça. » Au bout de sept réunions de coaching, Jean Barthomeuf rencontre son parrain et il peut – enfin ! – présenter son projet.
« Je ne me voyais pas retourner dans le salariat, comme au début de ma vie professionnelle, raconte Jean Barthomeuf. J’avais besoin de créer quelque chose de personnel. » Le projet, c’est Opus Nova. Il le pitche devant tout un aéropage de professionnels. On lui pose des questions, on lui demande des éclaircissements, on contredit certains points. « Je n’aimais pas trop ça d’ailleurs. Mais c’est là que le travail du coaching s’est révélé très efficace. Plutôt que d’enfouir les critiques sous le tapis, de passer par-dessus, j’ai appelé toutes les personnes qui m’avaient présenté des objections. Notamment un cadre de haut niveau de L’Oréal qui a accepté de me rencontrer. Cela m’a beaucoup enrichi. J’ai réalisé que j’étais capable de recevoir les critiques et les conseils des autres. Le processus a été incroyablement transformateur. Le travail en profondeur m’a vraiment transformé. »
Assez pour qu’il retourne chez les banquiers et leur présente son projet. « Sans en avoir la certitude, je pense que 60 000 Rebonds a activé son réseau. » À l’été 2023, Opus Nova, qui a été créée quelques mois plus tôt, obtient un financement de la banque ainsi qu’un accompagnement de BPI France. Les premiers tests marchés ont lieu à la fin de 2024. Et les premiers soins anti âge sont lancés sur le marché au début de 2026.
Quand on résume, le dirigeant n’a jamais prononcé le mot d’échec. « Je me suis planté, j’ai planté une société, reconnait-il quand même. Mais pour moi la difficulté, c’est ce qui entrave le chemin vers la réussite. C’est cela qu’il faut surmonter. À propos, Opus Nova, vous savez ce que cela veut dire ? La nouvelle œuvre. Et Nova, c’est aussi une étoile qui brille plus que les autres. Notre devise, c’est ad astra : jusqu’aux étoiles. »
Marketing relationnel
Opus Nova crée des « soins anti-âge de haute performance, à la naturalité absolue, qui suscitent expérience sensorielle et détente émotionnelle. » La société, installée à Strasbourg, emploie 7 personnes.
La commercialisation se fait par la méthode du marketing relationnel. « C’est-à-dire que nous nous appuyons sur la force entrepreneuriale d’un réseau d’indépendants, explique Jean Barthomeuf. Nos soins sont présentés et expliqués aux nouveaux clients par des personnes qui leurs sont proches, et l’offre se développe par capillarité. Objectif : créer un effet de marque sans dépenser un euro en publicité. »
Lancée en France et en Europe, l’entreprise envisage un important potentiel de développement au Mexique et aux États-Unis.