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Fleetiz et grenke France veulent booster le marché du vélo d’entreprise

L’une est spécialisée dans les solutions digitales autour de la mobilité, l’autre est leader des solutions financières de leasing en entreprise. La Lyonnaise, Fleetiz, et la Strasbourgeoise, grenke France, s’associent pour développer les flottes de vélos d’entreprise. Explications et description.

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« Le sujet est brûlant, annonce d’emblée Prunelle Chassot, responsable du développement chez Fleetiz. En cet été 2026, la question du vélo en entreprise est au coeur de l’actualité : les canicules à répétition d’une part, mais aussi la flambée du prix de l’essence poussent les gens à modifier leurs usages en matière de transport et à mettre plus de vélo dans leur quotidien. » De quoi faire décoller le marché des flottes de vélos en entreprise ? Pas si sûr. Selon la FAVE (Fédéra­tion des Acteurs du Vélo en Entreprise), on compte, en Allemagne, 2,1 millions de vélos en leasing dans les entreprises, 200 000 en Belgique et seulement 25 000 en France. Il va donc falloir changer de braquet, si la France veut remonter à hauteur de l’Allemagne.

C’est l’objectif que se sont fixé ensemble deux entreprises françaises. Fondée en 2024 à Lyon, Fleetiz développe une plateforme de gestion de flotte d’équipements : la start-up simplifie le déploiement et la gestion des équipements, avec une solution particulièrement adaptée aux enjeux de mobilité des entreprises. De son côté grenke France, filiale du groupe allemand grenke, compte parmi les leaders indépendants de la location financière d’équipements professionnels (bureautique, télécoms, mobilité…).

La France est un pays très « bagnole »

Les deux entreprises se sont rencontrées en 2025, lors de Prodays, le salon des professionnels du vélo, à Paris. Et elles ont officialisé leur partenariat lors de l’édition 2026, en juillet dernier. Objectif : encou­rager le développement du vélo de fonction dans les entreprises. « En France, on est un pays très bagnole, déplore Prunelle Chassot. Notre culture vélo est encore très limitée. C’est un frein au développement de l’offre de vélos dans les entreprises. » « Aujourd’hui le frein finan­cier a un peu disparu : les dispositifs fiscaux font que cela ne coûte pas grand-chose ni au salarié, ni à l’employeur, complète Victorien Papalia, responsable durabilité et économie circulaire chez grenke France, à Grenoble. En revanche, un des enjeux principaux est de créer de l’adhésion autour du vélo dans les entreprises : détecter les premiers usagers pour en faire des pilotes, des ambassadeurs… cela peut prendre du temps. »

Autre frein relevé par les deux partenaires : la chaîne de distribution. Si les grands distributeurs savent gérer des flottes de vélos pour les grandes entreprises, il n’en va pas de même ni pour le magasin du coin de la rue, ni pour la petite entreprise. « Notre cible, ce sont principalement ces typologies de clients, explique Victorien Papalia. Les petits magasins n’ont pas l’outil pour gérer une flotte de vélos professionnels, quand il s’agit de la maintenance, du renouvellement de la flotte, de la gestion du contrat du location… En associant notre solution de financement et l’outil de Fleetiz nous arrivons sur le marché avec une offre qui n’existe pas à ce jour. N’importe quel professionnel peut désormais attaquer ce marché tout à fait sereinement. »

Et Prunelle Chassot précise : « La collaboration de grenke, spécialisée dans le financement de la location en entreprises et de Fleetiz, spécia­lisée dans la gestion de contrats de mobilité permet aux magasins de vélos, de plus en plus nombreux en France, d’aborder la clientèle des entreprises, tout en préservant leur indépendance à laquelle ils sont très attachés. » C’est d’autant plus important pour ces petits maga­sins, qu’ils doivent aussi faire face à une baisse du marché du vélo, y compris auprès des particuliers, après le boum des années post COVID.

Il n’en demeure pas moins que de l’autre côté du guichet, il faut aussi convaincre les entreprises qu’elles ont intérêt à proposer des solutions de vélos à leurs collaborateurs. « Notre idée c’est bien de faciliter la rencontre de ces deux acteurs du marché : le marchand de vélos et l’entreprise engagée dans la mobilité douce de ses salariés, précise Emmanuelle Martos, responsable marketing et communication chez grenke France depuis le siège strasbourgeois de l’entreprise. Tout le monde y gagnera. » Ce partenariat, c’est donc la rencontre de la force de frappe de grenke, spécialiste reconnu du leasing en entreprise, et de ses dix-neuf agences en France, et de l’agilité de Fleetiz dans la mise en oeuvre numérique du contrat, qui intègre tout le cycle de vie d’une flotte de vélo, depuis l’achat, le choix des options, la maintenance, les pièces détachées, jusqu’à la fin de vie des vélos, à laquelle les clients sont de plus en plus sensibles.

À la fin du mois de juillet, une quinzaine de magasins, du gros revendeur au détaillant de centre-ville, étaient déjà utilisateurs de la solution développée par grenke et Fleetiz. De quoi espérer le changement de braquet tant attendu par les professionnels français du vélo.

Jean de MISCAULT