Alors que près de 500 000 entreprises pourraient être transmises dans les dix prochaines années et que les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour encourager le repreneuriat, une étude VistaPrint menée auprès de 1 000 dirigeants de TPE et indépendants révèle une réalité plus intime de la transmission d’entreprise.
Derrière les enjeux économiques et les chiffres, les dirigeants apparaissent profondément attachés à ce qu’ils ont construit. Pour beaucoup, transmettre son entreprise ne consiste pas uniquement à céder une activité. Il s’agit de transmettre une histoire, une réputation, une clientèle et parfois plusieurs décennies d’engagement.
Trouver le bon repreneur avant de trouver le bon prix
Interrogés sur la principale difficulté d’une transmission, les dirigeants placent largement en tête la recherche du bon repreneur. 41 % estiment qu’il s’agit du principal obstacle, loin devant la fixation du prix de vente (22 %) ou l’acceptation du passage de relais (21 %).
Cet attachement se retrouve également dans leurs inquiétudes :
- 22 % craignent avant tout que l’entreprise perde son âme ;
- 21 % redoutent qu’elle disparaisse après leur départ ;
- Seuls 10 % citent en priorité le risque de ne pas vendre au bon prix.
Pour les dirigeants français, la transmission apparaît davantage comme une question de continuité que comme une opération financière.
« Préserver avant tout la relation construite avec les clients »
Et quand on leur demande ce qui définit une transmission réussie, les dirigeants mettent en avant :
- La satisfaction des clients existants (44 %) ;
- La continuité de l’activité (44 %) ;
- La préservation de l’identité et de l’histoire de l’entreprise (32 %).
Le prix de vente n’arrive qu’ensuite, cité par 25 % des répondants. Même constat concernant le profil du repreneur idéal. Les dirigeants privilégient un professionnel expérimenté du secteur (21 %) ou un jeune entrepreneur motivé (20 %), devant un investisseur capable de développer l’activité (8 %).
Reprendre une entreprise est insuffisamment valorisé
Alors que le gouvernement souhaite encourager les reprises d’entreprise, seuls 26 % des dirigeants considèrent aujourd’hui que le repreneuriat est suffisamment valorisé en France.
Pourtant les bénéfices perçus sont nombreux :
- 59 % estiment qu’une entreprise reprise présente un avantage majeur : une clientèle déjà existante ;
- 34 % soulignent qu’elle dispose déjà d’une histoire et d’une réputation ;
- 31 % mettent en avant son réseau de partenaires et fournisseurs.
Pour les dirigeants interrogés, reprendre une entreprise permet avant tout de s’appuyer sur des fondations déjà construites plutôt que de repartir de zéro.
Une entreprise visible, plus facile à transmettre
70 % des dirigeants considèrent en effet que l’identité visuelle joue un rôle dans la capacité d’une entreprise à être reprise.
Après une reprise, les priorités identifiées sont :
- Informer clairement les clients du changement de dirigeant (28 %) ;
- Moderniser progressivement l’image de l’entreprise (26 %) ;
- Améliorer sa présence en ligne (12 %).
Pour rendre visible une entreprise reprise, les outils jugés les plus utiles sont :
- Les réseaux sociaux (54 %) ;
- Le site internet (46 %) ;
- L’événement local (31 %) ;
- L’e-mailing client (32 %).
À l’heure où des milliers de dirigeants s’apprêtent à préparer leur succession, la visibilité apparaît ainsi comme un facteur déterminant de l’attractivité d’une entreprise.
Les femmes davantage attachées à l’identité de l’entreprise
Autre fait marquant de cette étude, certaines différences de perception entre les femmes et les hommes :
• Les femmes sont plus nombreuses à craindre que l’entreprise perde son âme lors d’une transmission (24 % contre 20 % des hommes) et accordent davantage d’importance à l’ancrage local de l’entreprise.
• Les hommes se montrent plus optimistes quant au rôle de l’Intelligence artificielle (IA) dans le développement d’une entreprise reprise : 24 % y voient une opportunité de croissance, contre 16 % des femmes.
De manière générale, l’IA est désormais intégrée dans les réflexions liées à la reprise d’entreprise : 31 % des dirigeants considèrent qu’elle représente à la fois une opportunité et un défi pour les années à venir.
Un manque d’accompagnement encore important
Enfin, les résultats de cette étude mettent en lumière un déficit d’information : 70 % des dirigeants déclarent mal connaître les dispositifs publics ou privés d’aide à la transmission-reprise. 45 % estiment que les entreprises à reprendre ne sont pas suffisamment visibles. Et près de la moitié des répondants considèrent qu’un accompagnement administratif et juridique constituerait l’aide la plus utile pour réussir une transmission.
« La transmission d’une TPE est souvent perçue comme une opération économique. Notre étude montre aussi qu’elle est profondément humaine. Les dirigeants cherchent à transmettre un savoir-faire, une relation de confiance avec leurs clients et une identité construite au fil des années. Dans ce contexte, la visibilité et l’image de l’entreprise deviennent des actifs qui participent directement à sa capacité à trouver un repreneur » assure Sabine Léveiller, vice-présidente Marketing Europe chez VistaPrint.
« Un enjeu majeur… »
Pour sa part, Jean-Matthieu Delacourt, président de la fédération des TPE de France estime que cette « étude rappelle que transmettre une entreprise ne consiste pas seulement à céder une activité. Pour de nombreux dirigeants, il s’agit avant tout de transmettre une histoire, une clientèle. Dans un contexte où des centaines de milliers d’entreprises devront trouver un repreneur dans les prochaines années, le repreneuriat constitue un enjeu majeur pour notre économie. »
À propos de VistaPrint
VistaPrint accompagne des millions de TPE-PME à travers le monde. Elle aide les entrepreneurs à donner vie à leur marque et à leur stratégie marketing grâce à des produits imprimés personnalisés, des outils numériques intuitifs et l’expertise de ses graphistes professionnels. VistaPrint est une marque appartenant à Cimpress.
Et de la FTPE
La Fédération des très petites entreprises est une organisation qui défend les intérêts des très petites entreprises, des indépendants et des entrepreneurs de France. Elle agit comme porte-parole auprès des pouvoirs publics et des institutions afin de promouvoir un environnement économique, fiscal et social plus favorable aux petites structures qui constituent l’essentiel du tissu économique français. La FTPE oeuvre notamment pour simplifier les démarches administratives, alléger les charges pesant sur les TPE et valoriser le rôle des entrepreneurs, tout en proposant des actions d’accompagnement, d’information et de mise en réseau pour soutenir leur développement.