Un tableau économique en demi-teinte
Le monde agricole, bien que favorisé par des récoltes plus généreuses que l’an passé, fait face à une nouvelle épreuve : la chute des prix. Les agriculteurs misent sur les cultures d’automne pour stabiliser leur trésorerie. Quant aux vignerons, en pleine période de vendanges, leur horizon est assombri par la baisse de la consommation, les droits de douane américains et une rentabilité plus difficile à atteindre. Seuls les secteurs de l’élevage et de la production laitière tirent leur épingle du jeu et retrouvent des marges positives.
Bien entendu, les 3 représentants des chambres consulaires soulignent que le contexte politique instable et les tensions géopolitiques ne sont pas faits pour rassurer le monde économique.
Pour Jean-Luc Hoffmann, la rentrée est en demi-teinte. Le secteur du bâtiment, notamment, est « en souffrance ». Les carnets de commandes des entreprises de rénovation se vident, impactés par les difficultés financières des collectivités et le ralentissement de dispositifs comme Ma Prime Renov.
Dans le domaine des services, le constat est le même et il prend l’exemple de la coiffure. En effet, depuis plus d’un an, il n’est plus obligatoire d’avoir un employé professionnel dans son salon, d’où le développement de nombre d’enseignes où les tarifs pratiqués sont très bas. Pour un artisan coiffeur, ces prix bas ne permettent pas de couvrir les frais d’un salon.
Les ménages, soucieux de leurs dépenses, réduisent leur consommation, un phénomène qui se ressent également dans les secteurs de l’automobile et de l’alimentaire.
Pourtant, une lueur d’espoir se dessine : le nombre d’apprentis est en hausse cette année, un cercle vertueux pour Jean-Luc Hoffmann, dont les bienfaits sont, selon lui, sous-estimés. Ces jeunes, en trouvant rapidement un emploi après leur formation, contribuent directement à l’économie locale et à la société dans son ensemble.
Même constat pour Christian Geissmann. Le baromètre de la CCI Alsace Eurométropole révèle une conjoncture difficile, avec seulement un tiers des entrepreneurs jugeant leur chiffre d’affaires satisfaisant, et à peine 21 % se disant satisfaits de leur rentabilité. Bien que la construction et l’industrie connaissent un léger mieux après des années difficiles, le commerce, lui, continue de traverser une période délicate.
Au-delà de l’incertitude politique, les entrepreneurs dénoncent une fiscalité trop lourde, une réglementation excessive et une complexité administrative qui entravent leurs initiatives. Jean-Luc Hoffmann prend l’exemple d’un restaurant contraint de repousser son ouverture de juin à septembre pour des raisons de formalités, pointant du doigt les dysfonctionnements du Guichet Unique.
Dix propositions aux candidats des prochaines municipales
Pour « aider les futur(e)s élu(e)s à intégrer pleinement le monde économique dans leurs priorités municipales », les trois chambres consulaires ont formulé dix propositions concrètes. Leur objectif est clair : établir un dialogue constructif et transformer l’économie locale en un levier de développement pour les municipalités.
Parmi les axes majeurs, ils insistent sur l’importance de sécuriser la création et la transmission des entreprises, tout en accélérant leur transition écologique. Ils appellent également à une collaboration plus étroite entre les élus et les acteurs économiques, en les associant aux décisions qui les touchent directement, comme les travaux de voirie ou la gestion du stationnement. L’idée est de « réinventer les centres-villes » en tenant compte de toutes les parties prenantes : commerçants, artisans et usagers.
Enfin, les chambres consulaires proposent de valoriser les productions locales en les intégrant davantage dans la restauration collective. Elles souhaitent également préserver les zones d’activités pour permettre une meilleure gestion du foncier économique. Les entrepreneurs insistent sur la nécessité de tisser des liens solides entre les citoyens et le monde agricole.
En conclusion, pour les représentants des chambres consulaires, le dynamisme des communes est inextricablement lié à celui des entreprises. Un dialogue transparent et une écoute mutuelle sont les clés pour bâtir un avenir commun.