« Le collectif mobilisé dans le projet Grand Est région verte a du sens. Il nous faut garder le cap, agir dans notre quotidien pour nos territoires et le bien vivre ensemble. » L’ancien préfet de la région Grand Est Jacques Witkowski constatait que la planification écologique lancée il y a deux ans a mis la région sur une trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. La rencontre annuelle de fin novembre a permis de tirer les premières leçons de ce plan.
Lancée en 2023, la COP régionale Grand Est région verte a permis de reconnecter les réponses aux besoins du quotidien et les défis de long terme. Précurseur, le Grand Est a été la première région à s’engager dans cette démarche inédite qui s’est traduite en 2024 par 18 engagements collectifs et 80 actions opérationnelles, élaborés après une large concertation réunissant collectivités, entreprises, filières économiques, agriculteurs, associations et citoyens. Un an plus tard, le bilan témoigne d’une dynamique solide, participative et orientée vers l’action. L’actualisation des 93 Pactes territoriaux de réussite de la transition écologique (PTRTE) renforce l’intégration des enjeux environnementaux dans les projets territoriaux : aménagement, habitat, économie, biodiversité, gestion de l’eau etc.
Des résultats concrets
De fait, le premier bilan chiffré de ces actions incite à l’optimisme. La trajectoire régionale présente des évolutions significatives :
- L’objectif 2030 de réduction des émissions de gaz à effet de serre atteint dès 2024 pour la branche énergie ;
- Plus de 4000 projets engagés dans tous les territoires du Grand Est ;
- 1,487 millions de m2 désimperméabilisés ;
- Plus de 1000 hectares de friches recyclées ;
- 1315 kilomètres de haies plantées ;
- 430 MW de projets d’énergies renouvelables ;
- 118 projets de décarbonation identifiés, dont 18 déjà réalisés ;
- 850 entreprises accompagnées, dont 400 dans une trajectoire environnementale.
De nouveaux leviers d’actions
Ces résultats, très concrets notamment en matière agricole, illustrent la capacité du Grand Est à conjuguer défis climatiques, réalités économiques et attentes citoyennes, dans une logique de transition juste et de nouvelle prospérité écologique. Le dérèglement climatique est une réalité, la planification écologique doit s’adapter : c’est un impératif collectif. Priorité nationale et régionale, l’adaptation climatique a été au cœur des échanges menés au plus près des bassins de vie, à travers 16 réunions des COP départementales et plus de 40 ateliers territoriaux organisés entre juin et novembre 2025.
Plus de 1500 participants ont identifié des leviers d’action prioritaires :
- La protection des personnes face aux canicules, inondations et sécheresses ;
- L’amélioration du confort d’été des bâtiments ;
- La gouvernance de l’eau et la réduction des consommations ;
- La gestion durable des forêts et la prévention des risques ;
- La continuité des activités économiques locales.
Cette dynamique sera renforcée par le programme européen Life Adapt’Est (2026-2034), mobilisant 30 partenaires, 43 actions et un objectif clair : accroître la résilience du territoire d’ici 2035, notamment via une réduction de 10% des prélèvements d’eau et la résilience de 6000 km2 de forêts.
Accélérer les coopérations
Ce point d’étape, s’il a permis de faire un suivi remarquable des actions engagées sur le terrain, n’a pas négligé pour autant de se projeter en fixant une ligne de conduite : garder le cap et accélérer les coopérations pour faire du Grand Est un territoire robuste, innovant. Mais le chemin est encore long et la tâche immense.
L’État et la Région confirment leur volonté de poursuivre et d’amplifier le mouvement engagé pour atteindre les objectifs 2030 et 2050. Les défis sont considérables et le Grand Est dispose d’atouts puissants : la richesse de ses ressources et milieux naturels, la vitalité de ses territoires, la diversité de ses acteurs, la force de ses coopérations locales et transfrontalières.
« Transformer notre région »
Franck Leroy se félicite de ce bilan. « Cette COP régionale illustre la capacité du Grand Est à faire converger transition écologique, compétitivité économique et qualité de vie. Si nous savons adapter notre économie, notre industrie, notre agriculture ou encore notre artisanat, nous saurons créer les conditions d’une région attractive et souveraine dans un environnement préservé. Chaque projet, chaque engagement témoigne d’une ambition partagée : transformer notre région pour en faire un territoire plus robuste. En unissant nos efforts, nous redonnons un sens au mot progrès et construisons une nouvelle prospérité écologique du Grand Est. »
La feuille de route régionale continuera d’être enrichie par les contributions des territoires et par les enseignements de la COP régionale, afin de garantir une transition écologique efficace, juste et partagée. En attendant le prochain point d’étape.
Pour en savoir plus : www.grandest.fr/planification-ecologique-le-grand-est-region-verte/
La Data au service de la transition écologique
La transition écologique et les objectifs du Grand Est région verte rappelés dans le premier bilan de la COP régionale, ne pourront que bénéficier d’un atout supplémentaire : la démarche DataGrandEst, copilotée par l’État et la Région.
Les 4èmes rencontres régionales de la Donnée du Grand Est ont réuni fin novembre les acteurs de la data autour de la transition écologique et du numérique responsable. L’occasion de constater toute la pertinence de cette démarche : mettre la donnée au service de la transition écologique, tout en s’inscrivant dans une logique de numérique sobre et souverain.
Le jeu en vaut la chandelle : piloter la transition écologique sans alourdir l’empreinte numérique. Un défi transformé en opportunité. La rencontre a permis d’illustrer comment les impératifs de planification écologique et de sobriété numérique peuvent se concilier.
Un nouveau portail
Les intervenants ont présenté plusieurs cas d’usages concrets, notamment autour de la biodiversité, des indicateurs de la COP régionale ou encore de l’Observatoire régional de la biodiversité (ORB) et du Système d’information Nature et Paysage (SINP).
Le public a également découvert le nouveau portail DataGrandEst (www.datagrandest.fr) plus écoresponsable, doté d’un parcours usager repensé, d’espaces collaboratifs, et orienté vers de futurs usages en intelligence artificielle, dont un chatbot.
La journée a marqué un temps fort avec la mise en avant de la labellisation de DataGrandEst en tant que Comité territorial de la donnée (CDT), renforçant sa lisibilité et son rôle d’accompagnement auprès des acteurs du territoire.
Un grand témoin inspirant
Cette 4e édition a été rythmée par des échanges entre les partenaires institutionnels et les experts. Le grand témoin de la journée, Samuel Nowakowski, maître de conférences HDR à l’Université de Lorraine et chercheur au LORIA de Metz (laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications), a offert une intervention particulièrement inspirante sur les humanités numériques et l’IA responsable, invitant les participants à développer un regard éclairé et critique sur les technologies émergentes.
Une édition créative
Lors de cette journée, le dessinateur Éric Grelet a capté en direct les échanges et les idées fortes, projetant ses dessins au fur et à mesure des interventions. La créativité a également été mise à l’honneur lors de la remise du 3e concours de datavisualisation (voir encadré), dont le thème portait cette année sur la biodiversité. Pour cette édition, la Région Grand Est a fait appel à Emma Bigoni, jeune ébéniste installée à Plombières-les-Bains dans les Vosges, qui a conçu des trophées originaux en bois local, en parfaite cohérence avec le thème du concours.
Les trophées de la datavisualisation
Quelque 29 projets ont été reçus et 5 ont été primés aux Trophées de la datavisualisation dont le thème portait sur la biodiversité. Voici le détail du palmarès :
• Le Grand Prix a été attribué à Kinga SU (Strasbourg) : son approche a été d’analyser et interpréter les données d’observation pour révéler les tendances, surprises et récits cachés derrière la popularité des espèces d’oiseaux.
• Le prix de l’Esthétisme a été remis à l’Université de Reims (Julien Berthe, Pierre Ancelin, Ariane Lebonvallet, Auguste Benoît, Jérémy Beucher et Mathieu Fer) : le projet s’est appuyé sur une bande dessinée pour représenter visuellement et narrativement les dimensions spatiales, temporelles et méthodologiques des données naturalistes.
• Le prix de l’Originalité a été attribué à Estibaliz Legarreta (Anglet) pour un projet de visualisation artistique et sonore qui rend les données vivantes et immersives, mêlant écoute et observation.
• Le prix de l’Analyse a été remis à Gabriel Gutfrund (Poitiers) pour la création d’un tableau de bord interactif permettant d’explorer les données selon différentes dimensions (espèces, temps, espace), invitant chacun à en tirer sa propre lecture.
• Le Coup de cœur a été décerné à l’AGURAM (Metz) (Alexia Wax et son équipe) : ce prix distingue la créativité de l’AGURAM qui, a choisi la bande dessinée pour raconter avec humour et précision les petites curiosités sur les données ornithologiques. Une proposition originale, accessible et immédiatement engageante pour tous les publics.