Le Grand Est est aujourd’hui la région la plus avancée en matière de gaz vert. Les résultats observés à l’issue de l’année 2025 montrent que la filière est entrée dans une phase de maturité, capable de produire des volumes significatifs tout en répondant aux besoins locaux. » Emmanuel Connesson, directeur régional adjoint GRDF Grand-Est- Bourgogne-Franche-Comté est très affirmatif en affichant le bilan d’une année 2025 dans la filière du gaz vert. De fait, l’année 2025 a marqué une étape décisive en franchissant le seuil des 3 TWh de biométhane, dont la production effective interviendra début 2026. Cette donnée illustre un véritable changement d’échelle. Un niveau inédit qui place le Grand Est en tête des régions françaises, alors qu’à l’échelle du pays nous en sommes à 15 TWh.
Cette dynamique est le résultat de plus de dix années d’investissements continus, d’ingénierie territoriale et de partenariats étroits noués avec le monde agricole, les collectivités et les industriels.
131 sites en services
De fait, début 2026 la région compte quelque 131 sites de méthanisation en service et 15 en construction, pour une capacité de production annuelle de 3 TWh tous réseaux confondus. Depuis 2013, les volumes de gaz vert injectés sur le réseau GRDF en Grand Est ont permis d’éviter près de 840 000 tonnes d’équivalent CO2, contribuant de manière mesurable à la réduction de l’empreinte carbone des usages énergétiques du territoire. Le gaz vert issu de la méthanisation génère 230 g par kWh, le biométhane issu de la méthanisation beaucoup moins : 42 g. On parle là de la méthanisation agricole, laquelle consiste à valoriser les déchets agricoles, les effluents et autres lisiers d’élevage. Cette dynamique structurelle s’appuie sur des projets ancrés dans les territoires, sur un réseau gaz adapté et une mobilisation durable des acteurs locaux. En clair, à l’heure où les enjeux de décarbonation, de souveraineté énergétique et de compétitivité territoriale s’intensifient, le gaz renouvelable s’impose comme une solution concrète, locale et immédiatement mobilisable.
La méthanisation pilier de la transition énergétique
Alors pourquoi cette dynamique ? Le Grand Est est une région agricole dense, mais aussi industrielle, au sein de laquelle un ménage sur deux se chauffe au gaz, sans compter l’alimentation des installations industrielles, ce qui explique aussi la densité de ce réseau de gaz : quelque 19 100 km au service de près d’un million de clients. Et les méthaniseurs à injection produisent du gaz vert injecté dans le réseau de distribution de gaz où circule déjà du gaz fossile importé, le plus souvent de Norvège, ou d’Algérie, et forcément beaucoup moins de Russie et pour cause. Il existe également des méthaniseurs cogénération qui permettent de produire de l’électricité, mais aujourd’hui ce sont les méthaniseurs à injection qui se développent le plus. On recense quelque 300 méthaniseurs dans le Grand Est en 2024. Ils sont particulièrement développés dans les départements ruraux des Vosges (46) et des Ardennes (50) notamment. La même année on en dénombrait 28 en Moselle, 25 en Meuse, et 37 en Meurthe-et-Moselle. Côté consommation, le gaz vert pèse actuellement 6,1% en Meurthe-et-Moselle, 8,5% en Moselle.
Adaptation des infrastructures
Mais d’ici trois ans cela devrait évoluer car GRDF prévoit d’investir dans la construction de 500 km de réseau supplémentaire pour permettre de raccorder les futures stations de méthanisation du territoire. Une façon de démontrer la capacité du gestionnaire de réseau à anticiper les besoins et accompagner le développement rapide de projets de méthanisation. Et la consommation pourrait plus que doubler à l’échelle de ces départements à l’horizon 2030 : à 22,7% en Meurthe-et- Moselle et 15,6% pour la Moselle. Le montant de l’investissement pour ce réseau supplémentaire s’affiche à plus de 70 M€, sans compter le montant de l’investissement d’un méthaniseur à injection.
La montée en puissance du gaz vert repose en effet sur un réseau capable d’absorber et d’acheminer des volumes croissants de production renouvelable. « Le réseau gaz devient un véritable outil stratégique de la transition énergétique » précise Emmanuel Connesson. « Il permet d’intégrer des énergies renouvelables locales tout en valorisant des infrastructures existantes, au service des territoires et des consommateurs. »
Valoriser les ressources locales
Dans le Grand Est, la méthanisation constitue le socle du développement du gaz vert. En valorisant des ressources locales tels des résidus agricoles, des biodéchets, des effluents d’élevage ou déchets issus de l’industrie agroalimentaire, elle s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de création de valeurs sur les territoires. Le digestat issu du processus de méthanisation constitue par ailleurs un fertilisant organique, contribuant à réduire l’usage d’engrais minéraux d’origine fossile. À l’échelle régionale, ce modèle vertueux fait du gaz vert un levier à la fois énergétique, environnemental et agricole. « La méthanisation est une réponse très concrète aux enjeux de décarbonation. Elle permet de produire une énergie renouvelable locale, tout en apportant des bénéfices directs au monde agricole et aux territoires » explique Bastien Régnier, directeur territorial GRDF Grand Est. « Les projets que nous accompagnons participent à la résilience énergétique, soutiennent l’activité agricole et renforcent l’attractivité économique des territoires. »
2026 : poursuivre la trajectoire
L’année 2026 s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire assumée par GRDF : sécuriser les projets existants, accompagner l’émergence de nouvelles installations et préparer l’avenir du mix gazier. Le potentiel du Grand Est reste en effet considérable, avec une capacité de production de gaz renouvelable estimée à plus de 13 TWh à l’horizon 2050, l’équivalent de la production annuelle d’une tranche nucléaire EPR. « Notre responsabilité est d’inscrire le développement du gaz vert dans la durée » affirme encore Emmanuel Connesson. « GRDF continuera à jouer son rôle de partenaire des collectivités, des agriculteurs et des industriels pour faire du gaz vert une énergie accessible, compétitive et durable. » À long terme, l’ambition est claire : permettre à l’horizon 2050 de couvrir 100% de la demande de gaz par des gaz verts, en s’appuyant sur les ressources locales et sur l’innovation technologique.
Le gaz vert levier de souveraineté et de compétitivité
Les responsables de GRDF affichent leur confiance dans ce projet de long terme. Dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés de l’énergie, le développement de gaz vert constitue un enjeu stratégique majeur pour le Grand Est. Première région productrice de gaz vert en France, le territoire bénéficie d’un fort ancrage local de cette énergie renouvelable, qui contribue à réduire la dépendance aux énergies fossiles importées et à renforcer la souveraineté énergétique. Cette dynamique est d’autant plus cohérente que le Grand Est figure également parmi les régions les plus consommatrices de gaz, en raison de son climat continental marqué par des hivers rigoureux. « Le gaz vert est aussi un levier de compétitivité pour notre région » conclut Bastien Régnier. « Il offre aux acteurs économiques une énergie locale décarbonée, adaptée aux besoins du territoire, tout en soutenant l’emploi, l’agriculture et le développement de l’économie circulaire. » Enfin rappelons qu’existe en Moselle-Est un projet industriel d’envergure, avec l’introduction de gaz vert ou biogaz dans l’alimentation de la tranche 6 de la centrale thermique d’Émile-Huchet à Saint-Avold, pour remplacer le charbon.
Une charte « Vers une méthanisation durable en Grand Est » signée par la Région
À l’occasion du salon de l’Agriculture à Paris, Franck Leroy président de la Région Grand Est et les acteurs de la filière, ont officiellement signé le 23 février la Charte « Vers une méthanisation durable en Grand Est » affirmant leur engagement en faveur d’un développement maîtrisé, concerté » et durable de la méthanisation sur le territoire régional.
Située au carrefour de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de la gestion des déchets et de l’industrie, la méthanisation constitue un levier majeur de la transition écologique et énergétique. En valorisant localement les ressources organiques, elle contribue à la production de gaz renouvelable, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la substitution des engrais de synthèse et à la diversification des revenus agricoles.
En Grand Est, région fortement engagée dans le développement des énergies renouvelables, la méthanisation joue également un rôle clé en matière de souveraineté énergétique, de résilience des territoires et de création de valeur locale.
Une charte pour un développement responsable
Dans le prolongement de la version élaborée en 2019, cette charte est le fruit d’un travail collectif associant l’ensemble des parties prenantes de la filière : acteurs agricoles, collectivités, partenaires institutionnels et économiques. Et GRDF en fait naturellement partie.
Elle propose un cadre commun de référence, volontaire et partagé, destiné à accompagner le développement de projets de méthanisation :
- Respectueux de l’environnement, des ressources (dont l’eau) et des paysages ;
- Pleinement intégrés aux dynamiques territoriales ;
- Compatibles avec la sécurité et la souveraineté alimentaires ;
- Fondés sur la concertation, la transparence et l’acceptabilité locale.
La charte ne se substitue pas à la réglementation en vigueur. Elle se déploie dans son respect en affirmant une vision régionale ambitieuse, cohérente avec la SRADDET ; le Schéma régional Biomasse et les orientations nationales et européennes en matière d’énergie et de climat.
Des engagements volontaires
En signant cette charte, les acteurs s’engagent volontairement autour de principes structurants, couvrant notamment :
- La gouvernance, l’information et l’appropriation des projets ;
- L’approche territoriale et l’ancrage locale ;
- La place centrale de l’agriculture et la valorisation agronomique du digestat ;
- La performance énergétique et économique des installations ;
- La préservation de l’environnement tout au long du process de méthanisation ;
- La formation, l’innovation et le suivi des engagements de la filière.
Ces engagements visent à renforcer la confiance, accroître la qualité des projets et inscrire la méthanisation dans une logique d’amélioration continue au service de l’intérêt général.
Par cette signature, la Région Grand Est réaffirme sa volonté d’accompagner une méthanisation raisonnée, concertée et exemplaire, au bénéfice des agriculteurs, des collectivités, des citoyens et de l’ensemble des territoires.
La charte constitue un outil structurant pour consolider la filière régionale et accompagner durablement les transitions agricoles, environnementales et énergétiques du Grand Est.
GRDF acteur incontournable
GRDF est le gestionnaire du plus grand réseau de distribution de gaz en Europe. Il exploite et entretient 207 000 km de réseau en garantissant la sécurité des personnes et des biens. GRDF est l’acteur incontournable d’une transition énergétique abordable et ancrée dans les territoires. Présente dans plus de 9 500 communes, l’entreprise est partenaire des collectivités qu’elle accompagne dans leur décarbonation au travers de leurs choix de politiques énergétiques et de mobilité durable.
GRDF distribue le gaz à près de 11 millions de clients pour se chauffer, cuisiner, se déplacer quel que soit leur fournisseur. L’entreprise se mobilise pour atteindre 20% de gaz vert dans les réseaux en 2030.
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