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Haut-Rhin

Le bassin d’emploi colmarien se distingue par son dynamisme

Dans le Haut-Rhin, des emplois sont à pourvoir dans l’industrie, la santé, l’hôtellerie-restauration, le transport, la logistique et l’agriculture. La région colmarienne se distingue par son cadre de vie agréable et sa vitalité économique qui en font un territoire attractif concernant les emplois. Le bassin de vie colmarien affiche un taux de chômage de 5,5%, le plus bas du Haut-Rhin dont le niveau atteint les 7,2%.

Historiquement implanté dans la région colmarienne, le groupe Liebherr France exposait un moteur de grande capacité lors du dernier salon Formation-Emploi de Colmar.

Dans le secteur industriel, le groupe Liebherr France, implanté histo­riquement dans la région colmarienne, bénéficie actuellement d’une dynamique favorable contribuant ainsi à la vitalité économique du ter­ritoire. L’entreprise familiale allemande, spécialisée dans la production de pelles mécaniques, d’engins miniers et de moteurs thermiques de grandes capacités, a diversifié son activité depuis quelques années en s’ouvrant à la location de machines de terrassement, à la distribution et au service après-vente.

Liebherr compte cinq sites d’exploitation et de production dans le bassin colmarien

Ce fleuron industriel compte aujourd’hui cinq sites d’exploitation et de production situés dans le bassin colmarien et emploie 3.000 sa­lariés. Les besoins en recrutement sont particulièrement importants pour la branche Liebherr-Components qui produit des moteurs diesel industriels de grande puissance. Le développement de ces groupes électrogènes géants, utilisés comme générateurs d’énergie principal ou de secours, est tiré par la forte croissance des datas centers dans le monde. « Pour cette activité, qui a le vent en poupe, nous recru­tons des mécaniciens monteurs, des ingénieurs et des techniciens », expose Raphaël Meyer, formateur chez Liebherr, qui présentait les particularités du groupe industriel et les opportunités d’emplois lors du dernier salon Formation-Emploi de Colmar. Liebherr recrute égale­ment des soudeurs, usineurs ou monteurs pour assurer la fabrication des 2.000 pelles mécaniques qui sortent chaque année du site colma­rien. « Ces métiers souffrent d’un manque d’attractivité », explique le formateur. « C’est pourquoi nous avons créé notre propre centre de formation, en partenariat avec les CFA colmarien et mulhousien de l’Union de l’industrie et des métiers de la mécanique. Il faut savoir qu’une pelle mécanique Liebherr requiert un assemblage de 4.000 à 5.000 pièces. Nos pelles sont uniques et assemblées manuellement pour être personnalisées selon les demandes spécifiques des clients. » Pour mieux répondre aux besoins des entreprises de la région colma­rienne, l’Union de l’industrie et des métiers de la mécanique a prévu d’implanter, à Colmar, un nouveau centre de formation aux métiers de l’industrie qui accueillera 300 apprentis par an.

Plus au sud du département, Elanco Huningue investit 35 millions d’euros

Au sud du Haut-Rhin, non loin de Bâle, à Huningue, la filiale alsacienne du groupe américain Elanco, société pharmaceutique spécialisée dans la fabrication de produits vétérinaires pour les animaux de compagnie, connaît une forte croissance. Elanco Huningue produit, annuellement, 270 millions de comprimés et 17 millions de blisters, ce qui correspond à 13% du chiffre d’affaires de la branche « animaux de compagnie » du groupe.

Le site huninguois va bénéficier d’un important coup de pouce, grâce au lancement de produits innovants, destinés à devenir des block­busters (plus de 100 millions de chiffre d’affaires attendus) qui seront produits à Huningue et exportés à travers le monde. « Pour répondre à cette montée en puissance, un nouveau bâtiment de plus de 5.000 mètres carrés sera construit et de nouvelles unités de production seront progressivement mises en service d’ici 2027. », précise Arnaud Fiacre, responsable du service packaging, dont la société a tenu à être présente au salon Formation-Emploi de Colmar pour « gagner en visibilité et attirer les candidats à l’emploi. »

Pour ce nouveau projet, Elanco Huningue investit 35 Millions d’euros et recrute des stagiaires et apprentis, des techniciens de laboratoire, agents logistique, conducteurs d’équipements ou techniciens en assurance qualité. Une cinquantaine d’emplois devraient être créés.

Baisse des opportunités d’emplois pour les seniors

Les stages d’immersion proposés aux jeunes dans le cadre de leur cursus scolaire constituent une première approche pour découvrir des métiers peu connus, notamment dans le milieu de l’industrie. Encore faut-il que les entreprises jouent le jeu et qu’elles répondent « aux demandes de stages pour accueillir les 15.000 collégiens et lycéens alsaciens de l’académie qui doivent chaque année bénéficier de cette immersion dans le monde professionnel. », rappelle Christian Chardin, qui intervenait pour le rectorat et profitait de l’ouverture du salon Formation-Emploi pour lancer un appel aux entreprises.

Concernant le marché du travail dans le Haut-Rhin, Yannick Fort, directeur départemental France travail, observe une baisse des op­portunités d’emplois qui touche en particulier les seniors. « Cela nous oblige à nous tourner vers les petites entreprises qui offrent encore un potentiel de recrutement. », indique le directeur départemental. Il reste toutefois des postes à pourvoir dans les métiers en tension, dans l’industrie, les soins, la santé, l’hôtellerie-restauration, le transport, la logistique ou l’agriculture.

France travail mise sur l’intelligence artificielle pour optimiser la re­cherche d’emploi et proposer des offres de formation aux demandeurs d’emplois. Deux nouveaux outils ont ainsi été déployés : Match FT et Chat FT. À partir d’un questionnaire reçu par sms, ces assistants vir­tuels mettent directement en relation les demandeurs d’emploi avec les recruteurs ou permettent de trouver des places dans un centre de formation.

Christophe LUDWIG