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Après 50 ans, retrouver sa place sur le marché du travail

L’AFA s’engage

Être une femme et retrouver un emploi après 50 ans, c’est possible. C’est le message que souhaite porter l’association Avenir Femmes d’Alsace (AFA). Officiellement lancée le 29 avril 2026, la structure a pour ambition d’accompagner les femmes de 50 ans et plus en recherche d’emploi, à travers un travail de remise en confiance, de coaching et de valorisation de leur parcours professionnel.

Les membres de l’association Avenir Femmes d’Alsace (AFA)

« Les femmes de 50 ans et plus, on a nous aussi de la valeur ! », Cette phrase forte, prononcée par Caroline Kellner, l’une des fondatrices de l’association, a marqué le lancement officiel de l’AFA au Django Club, à Neuhof à Strasbourg.

Composée de bénévoles, l’AFA entend rompre l’isolement des femmes quinquagénaires en reconversion ou en recherche d’emploi. « L’objectif est de sortir de la honte et de redonner confiance aux femmes que nous accompagnons », explique Francine Jeanblanc, porte-parole de l’AFA.

Cette initiative s’appuie sur un constat : selon une enquête publiée en 2024 par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), 58,7% des femmes de 55-64 ans ont un emploi en France, contre 62,1% chez les hommes du même âge. Un écart qui illustre les difficultés persistantes rencontrées par les femmes seniors sur le marché du travail.

C’est dans ce contexte qu’est née l’AFA. Pendant six mois, les par­ticipantes bénéficieront d’un accompagnement individualisé fondé sur l’écoute, l’entraide et le partage d’expérience. Des ateliers, des cafés-réseaux et des rencontres avec des professionnels seront organi­sés. Une coach en développement personnel interviendra également.

Pour les fondatrices, une réalité reste encore trop souvent invisibilisée : les discriminations liées à l’âge, la perte de confiance en soi, l’isolement ou encore la difficulté à se projeter dans un environnement profession­nel en constante évolution. « Il faut aussi lever le voile sur un marché de l’emploi qui a profondément changé et qui reste parfois difficile à appréhender pour cette tranche d’âge », souligne la porte-parole.

« C’est un projet qui mûrit depuis l’année dernière, et nous en sommes désormais fières », ajoute-t-elle.

Un engagement réciproque

Le programme s’adresse aux femmes résidant dans l’Eurométropole de Strasbourg, inscrites à France Travail, et âgées de 50 ans et plus. Les besoins spécifiques de chaque candidate seront étudiés avant le début du parcours.

« La cible de l’AFA, ce sont les femmes qui recherchent un emploi. Celles qui ont un projet de création d’entreprise ne relèvent pas de notre accompagnement », précise Francine Jeanblanc.

L’engagement constitue un point central du dispositif. Chaque accom­pagnant consacre quatre heures par mois au programme. En retour, la participante s’engage à s’investir pleinement dans son parcours et à faire preuve d’assiduité.

Les inscrites pourront se retrouver dans un tiers-lieu situé dans le quartier du Neuhof, dans l’ancien hôpital militaire Lyautey, ou participer à distance par visioconférence selon leurs disponibilités.

Un appel aux intervenants

Pour soutenir le projet, l’AFA s’est entourée d’une marraine au parcours inspirant : Marie-José Navarre, vice-présidente de la multinationale française LOHR.

« Je veux encourager les femmes à persévérer. Leurs compétences ne sont pas un frein, mais un atout. Il faut oser », affirme-t-elle.

L’accompagnement des bénéficiaires repose sur des bénévoles, qu’ils soient encore en activité professionnelle ou déjà retraités. C’est pour­quoi un appel à intervenants a été lancé afin de renforcer l’équipe et pérenniser cette dynamique solidaire.

Aude SIOUL TIDAS