Les Affiches d’Alsace et de Lorraine : Le CDAD de Moselle sera au rendez-vous de cette Journée nationale de l’accès au droit ?
- Virginie Thomas : « Nous serons au rendez-vous. Nous avons pour l’occasion choisi le thème Justice et médias. En fait, les relations entre la justice et les médias. Le programme de la journée (Lire par ailleurs) est entièrement dédié à la presse, avec en particulier une émission en direct délocalisée au tribunal, sur Ici Lorraine dans la matinée, à laquelle participeront le président du Tribunal judiciaire de Metz, Manuel Delmas-Goyon, le Procureur de la République, David Touvet, avec la participation d’une greffière, Mélanie Mangin, cadre greffier au SAUJ (Service d’accueil unique du justiciable du tribunal judiciaire de Metz. J’y ferai une intervention pour évoquer le CDAD, aux côtés d’un conciliateur de justice, M. Raymond Lagarde, pour parler de l’accès au droit à la justice de proximité, des métiers de la justice. En fin d’émission, on mettra l’accent sur le bureau d’aide aux victimes avec la participation de Christelle Forac du CIDFF, le centre d’information du droit des femmes et des familles de Metz Thionville. »
- On ne parlera pas que du CDAD ?
- V. Th. : « Dans l’après-midi est prévu le vernissage d’une exposition de dessins judiciaires dans la salle des pas perdus Robert Schuman en présence de journalistes. Des dessins de Valentin Pasquier. Vers 15h et jusqu’à 17h, une table ronde est prévue dans la bibliothèque du tribunal, avec le dessinateur, le journaliste Alain Morvan et Clara Hesse, journaliste spécialisée dans les dossiers d’assises, qui a créé un podcast sur le Procès Harelle. En soirée, il y aura la projection du film « She Said » au cinéma Le Klub, place Saint-Jacques, qui revient sur l’enquête journalistique de 2017 ayant révélé l’affaire Harvey Weinstein. Projection suivie d’un débat en présence d’un avocat parisien, Me Vincent Brengarth, d’une adjointe à la défenseure des Droits en charge de l’accompagnement des lanceurs d’alerte, Cécile Barrois de Sarigny, et des chefs de juridiction du tribunal judiciaire de Metz, lesquels seront présents tout au long de cette journée. »
« Promouvoir la conciliation »
- Pourquoi ce thème autour des médias ?
- V. Th. : « Les médias sont importants, ils sont déjà un relais pour faire connaître l’accès au droit. Il existe des relations, au quotidien, entre la justice et les médias. La juridiction est très sollicitée tous les jours par les affaires qui passent au tribunal. C’est incontournable. L’idée était que le matin, les auditeurs apprennent à connaître avec cette émission sur Ici Lorraine, nos structures d’accès au droit, la Maison de Justice, les permanences d’accès au droit, mais également le travail des conciliateurs. Ils ont un rôle important dans la justice de proximité, les procédures amiables. On essaie de promouvoir la résolution des conflits par l’amiable. On doit faire changer l’état d’esprit des gens qui veulent très systématiquement s’engager dans un procès, et dans une procédure judiciaire. Aujourd’hui c’est quasi obligatoire de devoir passer par une tentative de conciliation, pour des litiges de voisinage. Et ce n’est pas forcément connu. »
- Est-ce qu’au CDAD on mesure le développement de l’accès au droit des usagers ?
- V. Th. : « Il y a de plus en plus de gens. Certes, actuellement les budgets étant un peu plus limités, on n’est pas dans des phases de déploiement de nouvelles structures, de nouveaux lieux d’accès au droit. Mais globalement, ça fonctionne bien. Une fois que les usagers connaissent les points de justice, les maisons de justice, ils y reviennent. Ils conseillent à d’autres de s’y rendre. On s’appuie également de plus en plus sur les France Services, de plus en plus nombreux sur le territoire, et au sein desquels nous proposons des permanences spécifiques d’accès au droit. Cela nous évite de créer de nouveaux lieux, d’y mettre du personnel. Notre budget de fonctionnement nous permet de financer les associations et les professionnels. On se stabilise. Et il faut savoir qu’on a des délais d’attente, c’est que quelque part, ça marche ! On ne peut pas avoir de rendez-vous dans la semaine. »
« Une première réponse »
- À quoi sert l’accès au droit ?
- V. Th. : « Cela permet aux usagers d’avoir une première réponse, sur des questions qu’ils peuvent se poser sur un litige, de toute sorte, de droit familial, du droit du travail, du droit des étrangers. C’est d’abord d’obtenir une première réponse. On peut résoudre via la conciliation, mais quand on ne le peut pas, ce sont les premières informations qui sont données qui importent. Ce qui revient le plus concerne les affaires du droit de la famille, le divorce, la pension alimentaire, la garde des enfants etc. »
- La Journée nationale d’accès au droit c’est une bonne idée ?
- V. Th. : « Oui, c’est une façon de promouvoir l’accès au droit. Pour nous il s’agit de trouver pour l’occasion, à chaque fois, des idées pour développer des thèmes originaux. Le CDAD s’évertue aussi à développer l’accès au droit via les jeunes, les scolaires, les reconstitutions d’audience. On va vers des publics qui peuvent être intéressés par le monde du droit, peut-être pour en faire leur futur métier. On organise des forums de métiers. Pour les jeunes, on se mobilise beaucoup ici au TJ de Metz. Il n’y a pas une semaine sans une visite de scolaires. Il y a énormément de demandes. »
- Et vous, votre rôle s’est développé ?
- V. Th. : « Je coordonne. Je suis bien aidée par une volontaire du Service civique, notamment pour les visites scolaires. J’ai aussi avec moi une avocate en stage, qui m’a bien aidée sur l’organisation de cette journée, qui effectue un travail sur les statistiques. Elle va également à la Maison de justice pour voir ce que demandent les usagers lors des consultations. Je ne suis pas toute seule. »
- Avez-vous déjà choisi de nombreux thèmes différents pour cette journée nationale ?
- V. Th. : « C’est exact. On a choisi les animaux de justice, le sport, la justice restaurative. On a aussi choisi une journée dédiée aux seniors, on s’était déplacé auprès de structures accueillant des seniors. »
Au programme de cette journée
• De 9h à 10h45 : en salle 26 : émission en direct avec Ici Lorraine délocalisée au sein de la juridiction. Entrée libre.
• 14h : à la salle des pas perdus Robert Schuman : vernissage de l’exposition de dessins judiciaires de l’artiste et journaliste Valentin Pasquier avec des représentations de professions judiciaires et de grands procès.
• À partir de 14h45, en bibliothèque du tribunal judiciaire de Metz : table ronde permettant un regard croisé entre acteurs judiciaires et presse sur la thématique suivante : un dialogue nécessaire pour une information responsable, réunissant les chefs de juridiction du tribunal, Valentin Pasquier, Alain Morvan, journaliste et réalisateurs de films documentaires, Clara Hesse, journaliste et créatrice du podcast « Le procès Harelle ».
• À 20h : ciné-débat au cinéma KLUB de Metz avec le film She Said qui revient sur l’enquête journalistique de 2017 qui avait révélé l’affaire Harvey Weinstein, en présence des chefs de juridiction du tribunal judiciaire de Metz, de Cécile Barrois de Sarigny, adjointe de la Défenseure des droits en charge de l’accompagnement des lanceurs d’alerte, et de Me Vincent Brengarth, avocat au barreau de Paris, spécialiste dans la défense des libertés fondamentales.
Au Tribunal judiciaire de Strasbourg aussi
Après son édition 2025, avec une fréquentation record de plus de 600 visiteurs sur la journée, le Conseil départemental de l’accès au droit du Bas-Rhin et le Tribunal judiciaire de Strasbourg renouvellent, cette année encore, l’évènement.
Ainsi, le jeudi 21 mai 2026, la journée nationale de l’accès au droit se tiendra de nouveau dans la salle des pas perdus du Tribunal judiciaire de Strasbourg, quai Finkmatt, de 9 heures à 17 heures en continu.
Cette journée, organisée par le Conseil départemental de l’accès au droit du Bas-Rhin, a pour vocation de rapprocher les citoyens des différents acteurs du droit, sous la forme d’un grand forum avec de nombreux stands dans la salle des pas perdus du tribunal judiciaire.
Seront également présents sur la journée de nombreuses associations oeuvrant dans le domaine de l’accès au droit (CIDFF, Cimade, SOS France Victime, Viaduq France Victime, le Centre européen de la consommation, etc.), des services de l’État (police nationale, gendarmerie, tribunal administratif, etc.) ainsi que des organismes sociaux (CAF, CPAM).
Pour ouvrir cette journée, Monsieur Philippe Babo, président du Tribunal judiciaire de Strasbourg et, à ce titre, président du Conseil départemental de l’accès au droit du Bas-Rhin, prononcera une allocution à 9 heures.