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À Strasbourg, les entrepreneurs du Rhin supérieur veulent faire entendre leur voix

Les 18 et 19 juin prochains, près de 300 dirigeants français, allemands et suisses sont attendus au Parlement européen pour un sommet économique inédit. Porté par le MEDEF Alsace et plusieurs partenaires, l’événement ambitionne de faire émerger une parole commune des entreprises du Rhin supérieur face aux défis économiques, réglementaires et géopolitiques actuels.

© Joseandres-stock.adobe.com

Transmission d’entreprise, pénurie de main-d’oeuvre, inflation ré­glementaire, souveraineté industrielle ou encore compétitivité eu­ropéenne. Les sujets qui préoccupent les dirigeants d’entreprise ne manquent pas. Pour tenter d’y répondre collectivement, le MEDEF Alsace organise les 18 et 19 juin prochains un événement d’enver­gure au Parlement européen de Strasbourg : « Strasbourg, Capitale économique européenne ».

L’initiative est portée conjointement par le MEDEF Alsace, KPMG et la Caisse d’Épargne Grand Est Europe, avec le soutien de la Région Grand Est et d’AG2R La Mondiale. Pendant deux jours, près de 400 dirigeants de PME et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), experts économiques, représentants patronaux et décideurs publics français, allemands et suisses se retrouveront autour de tables rondes, d’ateliers et de temps d’échanges.

Au-delà du simple rendez-vous économique, les organisateurs affichent une ambition plus large : replacer Strasbourg au coeur des débats économiques européens et permettre aux entrepreneurs de faire entendre directement leurs préoccupations auprès des institutions.

Une réponse à des préoccupations communes

Si l’événement se veut transfrontalier, c’est parce que les difficultés rencontrées par les entreprises dépassent aujourd’hui largement les frontières nationales.

Les dirigeants français, allemands et suisses font face à des problé­matiques similaires : difficultés de recrutement, hausse des coûts de production, complexification des normes, transition énergétique ou encore transmission des entreprises.

Pour les organisateurs, ces sujets méritent d’être abordés collecti­vement afin de faire émerger des propositions concrètes à l’échelle européenne.

« Les entreprises ont besoin d’un cadre qui favorise leur dévelop­pement et leur compétitivité », ont rappelé les organisateurs lors de la présentation de l’événement. L’objectif est de faire remonter les contraintes du terrain, mais également certaines « aberrations » réglementaires que les entrepreneurs estiment rencontrer dans leur activité quotidienne.

Cette démarche intervient dans un contexte économique marqué par de nombreuses incertitudes. Entre tensions géopolitiques, concur­rence internationale accrue et nécessité de réindustrialiser l’Europe, les entreprises cherchent à faire entendre leur voix dans les débats qui façonnent leur avenir.

La transmission d’entreprise au coeur des préoccupations

Parmi les nombreux thèmes qui seront abordés lors du sommet, celui de la transmission et de la reprise d’entreprise occupe une place centrale.

Dans le Rhin supérieur comme dans le reste de l’Europe, de nom­breux dirigeants approchent de l’âge de la retraite. Une situation qui soulève plusieurs interrogations : comment assurer la pérennité des entreprises ? Comment préserver les emplois et les savoir-faire ? Comment faciliter la reprise des sociétés par une nouvelle génération d’entrepreneurs ?

« Près de la moitié des entreprises de taille intermédiaire vont être transmises ou cédées d’ici 2035 de part et d’autre du Rhin. On compte 500 000 entreprises à céder en France», précise le président du Medef Alsace.

Le sujet est particulièrement sensible pour les PME et les ETI, qui constituent l’ossature du tissu économique régional. Faute de repreneur identifié ou de préparation suffisante, certaines entreprises pourtant viables risquent de disparaître.

Pour les organisateurs, la transmission représente donc un enjeu économique majeur pour les années à venir. Les échanges prévus au Parlement européen doivent permettre de partager les bonnes pratiques observées dans chacun des trois pays et d’identifier les freins qui subsistent.

Strasbourg, laboratoire économique transfrontalier

Le choix de Strasbourg ne relève pas uniquement de la symbolique européenne. Située au coeur du bassin rhénan, la capitale alsacienne bénéficie d’une position unique entre la France, l’Allemagne et la Suisse.

Chaque jour, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs franchissent les frontières pour rejoindre leur emploi. Les échanges commerciaux, industriels et universitaires y sont particulièrement développés, faisant du Rhin supérieur l’un des espaces économiques les plus intégrés d’Europe.

Pour le MEDEF Alsace, cette réalité constitue un atout majeur. Les organisateurs souhaitent démontrer que les territoires transfrontaliers peuvent servir de laboratoire pour imaginer les solutions économiques de demain.

L’événement entend également rappeler que Strasbourg ne se résume pas à son rôle institutionnel. Si la ville accueille déjà le Parlement européen, le Conseil de l’Europe ou encore la Cour européenne des droits de l’homme, elle ambitionne également de renforcer sa place dans les débats économiques du continent.

Faire émerger une parole économique européenne

Durant deux demi-journées, les participants alterneront conférences, ateliers thématiques et rencontres professionnelles. Plusieurs dirigeants d’entreprise, experts et représentants institutionnels interviendront sur les grands enjeux de compétitivité, d’innovation et d’attractivité.

Au-delà des échanges, les organisateurs espèrent surtout faire émer­ger une vision commune des entrepreneurs du Rhin supérieur. Une manière de rappeler que l’Europe économique se construit aussi à partir des territoires et des entreprises qui la font vivre au quotidien.

Dans un contexte où les décisions prises à Bruxelles ont des réper­cussions directes sur l’activité des entreprises, les organisateurs sou­haitent rapprocher davantage le monde économique des institutions européennes.

En réunissant pour la première fois plusieurs centaines de dirigeants français, allemands et suisses au sein même du Parlement européen, le sommet « Strasbourg, Capitale économique européenne » entend envoyer un message clair : celui d’une communauté économique transfrontalière qui souhaite peser davantage dans les décisions qui concernent son avenir.

Ses échanges devraient se transformer en propositions concrètes à faire valoir. C’est l’un des principaux défis que se sont fixés les orga­nisateurs de cette première édition.

Aude SIOUL-TIDAS