Grand Est Paru aujourd'hui
Transition énergétique

« Les entreprises sont conscientes de la nécessité d’agir »

Entretien avec Catherine Hellmann, directrice régionale Alsace-Lorraine et Bourgogne-Franche-Comté pour les marques Axima et Ineo au sein d’Equans France.

Catherine Hellmann directrice régionale Alsace-Lorraine et Bourgogne-Franche-Comté pour les marques Axima et Ineo au sein d'Equans France

Alors que les exigences réglementaires se renforcent et que les coûts de l’énergie restent une préoccupation majeure, les entreprises accélèrent leur transition énergétique. À l’occasion d’une visite du site Würth d’Erstein, Catherine Hellmann, directrice régionale d’Equans France, revient sur les enjeux de cette transformation et sur les solutions déployées auprès des industriels et des collectivités du Grand Est.

Quel est le rôle d’Equans dans la transition énergétique ?

Equans est l’un des leaders mondiaux dans le domaine des énergies et des services. Nous intervenons auprès de nos clients, qui sont à la fois des industriels, des collectivités, des bâtiments tertiaires, en fait, pour améliorer à la fois la performance énergétique des bâtiments tout en garantissant le confort optimal au niveau des occupants. Nous les aidons également à répondre aux exigences réglementaires, qui sont de plus en plus importantes.

Dans le Grand Est, quelles entreprises se sont déjà engagées dans cette démarche ?

Nous travaillons avec un panel très large de clients, de la petite entre­prise aux grands groupes industriels. Nous avons récemment réalisé des travaux d’amélioration énergétique pour la fromagerie Hutin en Lorraine, par exemple.

D’une manière générale, il faut savoir que les entreprises sont au­jourd’hui très sensibilisées à ces enjeux. En France, 90 % des dirigeants souhaitent s’engager dans la transition énergétique et 42 % ont déjà lancé des actions concrètes. Dans le Grand Est, les activités d’Equans liées à ces transitions représentent environ 315 millions d’euros de chiffre d’affaires et mobilisent près de 3 750 collaborateurs.

Le coût des travaux constitue-t-il encore un frein pour les entreprises ?

Les entreprises qui nous sollicitent sont généralement déjà convain­cues de la nécessité d’agir et le fait qu’il y aura un coût, mais il y aura aussi un retour sur investissement, d’une part lié à la diminution des consommations énergétiques ou à la diminution du coût de l’énergie.

La mise en conformité réglementaire peut parfois être perçue comme une contrainte, mais elle représente aussi une opportunité. Certaines technologies qui pouvaient sembler plus coûteuses au départ per­mettent aujourd’hui de réaliser des économies significatives.

Mesurez-vous concrètement les résultats obtenus ?

Oui. Sur certains contrats, notamment avec les collectivités, nous intervenons dans le cadre de marchés globaux de performance éner­gétique. Nous réalisons les travaux de rénovation puis nous mesurons les gains obtenus.

Dans certains cas, nous allons même jusqu’à garantir contractuellement la performance énergétique sur toute la durée du contrat. Cela permet aux maîtres d’ouvrage d’avoir une visibilité précise sur les résultats.

Existe-t-il encore des limites technologiques à la transition énergétique ?

Aujourd’hui, la réglementation intervient généralement après le développement des solutions techniques. Les innovations sont sou­vent encouragées en amont grâce à différents dispositifs, comme les certificats d’économies d’énergie.

Chez Equans, nous travaillons continuellement sur de nouvelles so­lutions avec nos bureaux d’études et nos équipes d’ingénierie. Nous n’attendons pas l’arrivée de nouvelles réglementations pour développer des alternatives aux énergies fossiles.

Les pompes à chaleur en sont un bon exemple. Elles permettent de remplacer certaines installations fonctionnant au gaz tout en réduisant fortement les consommations énergétiques.

Parvenez-vous à atteindre les objectifs fixés par vos clients ?

Les objectifs sont généralement exprimés en termes de consommation énergétique plutôt qu’en termes de coûts, car ces derniers dépendent notamment du prix de l’énergie.

Nous travaillons sur des indicateurs de performance précis, notam­ment dans les bâtiments neufs ou rénovés. Les certifications envi­ronnementales imposent des niveaux de consommation à respecter, et nos solutions sont conçues pour répondre à ces exigences. Les certifications environnementales de type BREEAM par exemple, BREEAM Excellence (Building Research Establishment Environmental Assessment Method), nous avons de nombreux bâtiments aujourd’hui, des clients qui nous demandent, dans le cadre des consultations, de répondre avec un niveau de certification environnementale qui revient finalement à un niveau de consommation de kWh par mètre carré, par exemple. Et nous devons absolument rentrer dans cette cible-là pour répondre aux besoins de cette certification. Donc l’objectif étant bien d’être toujours dans la cible. Après, la loi de Pareto fait qu’on est globalement dans la cible.

Le Grand Est présente-t-il des particularités dans ce domaine ?

Oui. Le Grand Est, et particulièrement l’Alsace, est une région très industrielle. Cela explique une forte présence de nos activités dans les domaines du génie climatique, du génie électrique, de la protection incendie ou encore de la décarbonation.

Nous intervenons sur de nombreux sites industriels, comme celui de Würth à Erstein, où nous avons réalisé des travaux de protection incendie, de génie climatique et où nous assurons également la main­tenance des installations du site et du musée Würth.

Aude SIOUL-TIDAS