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Strasbourg

L’Eurométropole veut lever les freins à la croissance des entreprises

Mobilité, foncier, accès aux talents et simplification administrative : la première séance plénière du Conseil métropolitain de l’économie s’est tenue le 23 octobre en présente de nombreux chefs d’entreprises. L’Eurométropole de Strasbourg a, par ce biais, dévoilé dix priorités pour renforcer la compétitivité économique du territoire. Nourrie par une enquête auprès de 371 répondants, la démarche doit déboucher sur des mesures concrètes dès 2027, avec un premier bilan annoncé le 12 mars.

Catherine Trautmann, Présidente de l’Eurométropole et Nathalie Roos, Présidente du Conseil métropolitain de l’économie

Comment faire de Strasbourg un territoire où les entreprises peuvent se développer plus facilement ? C’est l’ambition affichée par l’Eurométropole, qui a présenté, le 23 octobre, les dix priorités straté­giques de son Conseil métropolitain de l’économie. La conférence de presse, organisée parc de l’Étoile, a suivi la première séance plénière de cette instance, à laquelle de nombreux chefs d’entreprise ont participé.

Pour Catherine Trautmann, présidente de l’Eurométropole, l’enjeu est de « reconstituer une confiance » entre la collectivité et les acteurs économiques. Le conseil, piloté par Nathalie Roos, dirigeante et admi­nistratrice de sociétés, doit contribuer à l’élaboration de la stratégie économique métropolitaine prévue en 2027.

Mobilité, foncier et démarches administratives

La première étape consiste à lever les obstacles identifiés par les entreprises. Lancée le 9 juin, une enquête a recueilli 371 réponses. À la question de savoir si elles recommanderaient le territoire pour créer ou développer une entreprise, les entrepreneurs interrogés ont attribué une note moyenne de 6,87 sur 10. Mais seuls 20 % ont donné une note de 9 ou 10, contre 36 % qui ont attribué une note comprise entre 1 et 6. Le score net de recommandation ressort ainsi à -16.

Les difficultés évoquées concernent notamment la mobilité, le sta­tionnement, la disponibilité du foncier et les délais d’implantation. Le manque de visibilité sur les réseaux économiques, l’accès aux décideurs et la complexité administrative figurent également parmi les freins signalés.

En réponse, l’Eurométropole prévoit un pacte d’accessibilité écono­mique, destiné à mieux prendre en compte les besoins de déplacement des salariés et des entreprises. Elle souhaite aussi rapprocher l’offre de foncier professionnel de la demande, rendre les décisions adminis­tratives plus prévisibles et faciliter l’accès des très petites entreprises aux réseaux économiques et à la commande publique.

Une autre mesure doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027 : chaque entreprise pourra disposer d’un interlocuteur privilégié au sein de la collectivité, identifié par son nom et ses coordonnées. Celui-ci devra faciliter les démarches entre les différents services concernés par un projet de développement.

Recherche, recrutement et transition écologique

Les cinq autres priorités visent à transformer les atouts du territoire en leviers de compétitivité. L’Eurométropole veut notamment mieux connecter les capacités de recherche et d’innovation aux petites et moyennes entreprises. Le potentiel universitaire, qui représente quelque 60 000 étudiants selon les chiffres avancés lors de la confé­rence, constitue l’un des leviers identifiés.

La collectivité entend également « gagner la bataille des talents », en facilitant le rapprochement entre entreprises, étudiants et apprentis, mais aussi l’accueil de compétences internationales. Les difficultés d’accès au logement et les évolutions du marché du travail, notam­ment sous l’effet de l’intelligence artificielle, ont été évoquées parmi les enjeux à traiter.

La transition écologique, énergétique, numérique et sociale doit, elle aussi, devenir un avantage compétitif. L’objectif est de développer une économie créatrice de valeur durable, attentive à ses conséquences sociales et environnementales. L’économie sociale et solidaire est notamment présentée comme un facteur possible d’attractivité.

Enfin, l’Eurométropole veut renforcer le rayonnement international de Strasbourg en s’appuyant sur ses infrastructures, dont le port, l’aéroport et la gare, ainsi que sur sa position européenne et trans­frontalière. L’industrie agroalimentaire, le tourisme, la recherche et l’innovation font également partie des secteurs et des ressources que la collectivité souhaite mieux valoriser.

Des groupes de travail dès décembre 2026

La mise en oeuvre doit désormais passer par des groupes de travail. Début décembre, les 395 volontaires qui se sont déclarés prêts à contribuer à la démarche doivent être réunis afin de constituer des groupes de compétences. Ils travailleront sur les dispositifs et les me­sures à déployer, sous l’impulsion des membres du comité stratégique, composé de quinze chefs d’entreprise.

Un premier point d’étape est annoncé pour le 12 mars 2027. Il doit permettre de présenter les premiers chantiers engagés, d’identifier les éventuels ajustements et de mettre en place des indicateurs de suivi. Pour l’Eurométropole, l’enjeu sera de traduire les priorités affichées en résultats mesurables pour les entreprises du territoire.

Aude SIOUL-TIDAS