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Interview Paru hier
Foire internationale de Metz 2026

Laurent Haas, directeur de Metz Événements : « Les grands changements arriveront l’année prochaine »

Laurent Haas a succédé à Michel Coqué en juin dernier à la direction de Metz Evénements, qui organise à partir de fin septembre, la FIM 2026, foire internationale de Metz. Dans une interview aux Affiches d’Alsace et de Lorraine, il revient sur la perte de la délégation de service du centre des congrès de Metz et se projette sur les manifestations de la fin de cette année avant d’ébaucher les nouveautés pour 2027.

Laurent Haas nouveau directeur de Metz Événements

Les Affiches d’Alsace et de Lorraine : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

- Laurent Haas : « Je suis Messin. Je suis né à Metz, j’ai 34 ans. Je connais très bien la ville où j’ai fait mes études. J’ai travaillé depuis dans diverses structures messines. J’ai commencé ma carrière dans le secteur culturel. Ce qui marque le plus est mon passage dans deux éditions du festival Hop-Hop-Hop, festival international du spectacle à ciel ouvert, tenu par Laurent-Guillaume Dehlinger et l’association la Compagnie Deracinemoa. J’ai intégré ensuite les équipes de Grand Est Numérique, pour la 6e édition du GEN à Metz dont c’était la pre­mière au centre des congrès Metz Schuman. Après cette mission, j’ai rejoint les équipes de Metz-Événements en tant que chef de projet sur la partie MICE, le tourisme d’affaires, en novembre 2018. Je suis dans la maison depuis cette période-là, ça fait 8 ans. Je connais bien le parc des expositions. J’ai pris la direction commerciale officieusement courant 2023 et officiellement le 1er janvier 2024, et là depuis le dé­part à la retraite de Michel Coqué en juin, la direction du site depuis janvier 2026 et la direction générale de Metz Événements depuis le 1er juillet dernier. »

La perte de la délégation malgré une année record

- Quel a été l’impact de la perte de délégation de Metz congrès ?

- L.H. : « Sur la perte, cela nous a obligé à adapter nos plans. Il y avait deux sociétés, l’une qui s’occupait du parc des expositions, l’autre du centre des congrès, dans ce cas-là, les équipes restent sur le site. Il y a des impacts sur l’organisation, sur la tenue de l’année, on a dû se recentrer sur la partie tourisme d’affaires, sur le centre de conven­tion du Technopole de Metz, un autre équipement qui a été un peu oublié, en raison de notre action à Metz Robert Schuman où nous avons connu une année record en 2025 avec un chiffre d’affaires de 3,8 millions d’euros. Il y a des segments très différents : Metz Congrès était très tourné sur le national et l’international avec une empreinte régionale, alors que le centre de convention et le parc des expositions ont une orientation moins tournée sur le national. Nos deux sites étant complémentaires. »

- Quelle stratégie avez-vous adoptée ?

- L.H. : « On s’est demandé comment ne pas seulement associer ce site à la Foire internationale de Metz ? Or on peut y faire beaucoup de choses. Du reste, on y a tenu notre premier congrès national en mai 2026, une vraie performance car il a fallu convaincre les organisateurs de choisir ce site en très peu de temps. Finalement, l’impact de la perte de cette délégation de Metz Schuman, est qu’on est désormais convaincu qu’on a les savoir-faire, on a l’envie de faire progresser le territoire sur la carte des grands événements nationaux et des événe­ments qui font sens, avec des impacts de développement économique. On doit réussir à faire en sorte que le parc des expositions ne soit plus simplement la FIM ou ne soit plus seulement Grigy, dans l’esprit collectif, mais que ce soit un vrai équipement de calibre régional, national et international. »

Un auditorium et 12 salles

- Le parc des expositions a déjà eu cette fonction d’accueil de congrès ?

- L.H. : « Il a eu cette fonction, il l’a de nouveau, on y travaille très fort. Les deux équipements, le parc des expos et le centre de convention sont deux équipements complémentaires. Par la jauge : on a une bonne place sur la capacité 600 et moins, le centre est calibré à 600 places en jauge maximale. Et une très bonne place sur les grands événements, qui nécessitent des jauges à plus de 1000 personnes, on a la chance d’avoir un des rares équipements sur le territoire national, avec le parc expos équipé d’un auditorium et de douze salles de commission. On l’avait un peu oublié avec le temps. On a ici une unité de lieu qui est la véritable force du site. »

« Un site chaleureux qui a une âme »

- Vous avez commencé à le rénover ?

- L.H. : « Il y a eu un gros plan d’investissement cette année. On a refait l’intégralité des toitures du site pour des questions d’étanchéité et de confort pour nos clients et exposants. Sur la partie centre de conven­tions, on a équipé les accueils qui ont été redessinés, en comptoir d’accueil, avec des signalétiques dynamiques et programmables du site. On a mis à jour nos équipements audiovisuels, avec la vidéopro­jection de l’auditorium, des moniteurs sur pied pour équiper les salles. On refait une grosse partie des salles avec les sols, les peintures, les faux-plafonds. Il n’y a pas eu un enjeu de rénovation complète, mais plutôt de rendre le site praticable. Nous avons du reste accueilli ce jour-même une visite client. Il est chaleureux, il a une âme. On s’est plutôt concentré sur la partie technique. »

- Et le contenu, la programmation, est-ce que cela va changer ?

- L.H. : « Sur le programme des manifestations organisées en propre, cette année on n’a pas fait de gros changement. Un paquebot comme celui-ci, il faut le manœuvrer avec prudence. Les grands changements arriveront surtout l’année prochaine. Notre moteur a été de dire, on préserve l’héritage des équipes de Michel Coqué et on commence à ajouter des touches petit à petit, à moderniser… Les grands événe­ments ne changent pas. La FIM reste l’événement totem qui marque le calendrier de la ville. »

« Mme Bérangère Loiseau invitée d’honneur de la FIM »

- Il y aura des nouveautés sur la foire ?

- L.H. : « On a un déplacement de l’exposition principale dans le Hall A, des restructurations sur quelques secteurs : la gastronomie qui re­trouve l’Italie en son cœur. Un panel d’animations qui fait lien avec le thème principal Cap sur le Pacifique. On travaille sur des animations polynésiennes. On garde une empreinte régionale avec une exposi­tion autour de Jean Morette, une autre autour de la biodiversité et des moments comme forts comme le Trophée Cristal Michel Roth. Et comme l’actualité est dense sur la gastronomie avec l’ouverture du restaurant Loiseau de Lorraine, place de Chambre, Madame Bérangère Loiseau sera l’invitée d’honneur de la FIM. Sur ce thème on a créé un nouveau temps fort, une soirée de gala et caritative à quatre mains, avec Michel Roth et la Maison Magira de Matthieu Otto pour un dîner prestige. Il est porté par l’association Les Amis de Michel Roth. Les fonds et une partie des recettes seront reversés à une association de lutte contre le cancer du sein. »

- La gastronomie a toujours été un point fort de la FIM ?

- L.H. : « Mais avec ce dîner, ce sont deux générations de chefs qui vont se côtoyer. Michel Roth qu’on ne présente plus et Matthieu Otto qui a été candidat au Bocuse d’Or. De plus, depuis l’événement du Guide Michelin l’année dernière, il y a une volonté du territoire de pousser la gastronomie, on a eu de nouveaux étoilés cette année et nous avons voulu faire perdurer l’aura de l’élan gastronomique à la foire en septembre pour rappeler qu’on est une destination gastronomique. Le meilleur moyen de le faire, était de créer ce dîner d’exception, dans un contexte un peu plus populaire. »

- La suite avec Agrimax ne va pas beaucoup changer ?

- L.H. : « C’est la quinzième édition cette année. Les deux grands axes concernent le lien historique que nous avons avec AG3E (ndlr : Ambition Grand Est Élevage Europe). Nous allons renforcer ce partenariat avec une signature prévue lors de l’événement. Une façon pour nous de projeter une feuille de route d’Agrimax sur les cinq prochaines années. Ce salon a encore de beaux jours devant lui, mais nous comptons le faire évoluer. Nous envisageons de l’ouvrir à de nouveaux éleveurs et également à l’international. Nous travaillons avec des interlocuteurs internationaux, pour lui donner une ampleur plus transfrontalière. Ce sera un objectif à moyen terme. L’autre particularité de cette année concerne la place de la femme dans l’agriculture, une thématique mise en avant par l’ONU. On en fera un temps fort afin de montrer que l’image de la femme, de l’agricultrice n’est pas celle de l’imaginaire collectif. Au contraire des femmes peuvent pleinement assumer leur féminité et s’engager dans leur travail. »

- Que devient le salon Urbest début 2027 ?

- L.H. « On va le maintenir, mais il est encore un peu trop tôt pour an­noncer les nouveautés. C’est le salon que l’on a le plus travaillé depuis la dernière édition qui n’a pas été nécessairement très réussie. On a décidé de développer une nouvelle stratégie autour de ce salon. Il va garder son empreinte de base, celle d’un salon de décideurs publics. On va y retrouver des maires, mais pas seulement. On veut égale­ment toucher les directeurs de service, les responsables techniques, autant de personnes qui peuvent faire remonter des informations à leurs élus pour arbitrer des décisions publiques. On va avoir un cer­tain nombre d’événements dans l’évènement, pour lui donner une dimension plus concrète au-delà de l’exposition. On va sectoriser plus fortement notre panel d’exposants, en mettant l’accent cette année sur les technologies, l’IA. »

- Vous avez l’intention de lancer en novembre un salon Vivons Grand Est. Qu’en est-il ?

- L.H. : « C’est une nouveauté de l’année, fin novembre. C’est un salon grand public, on y vient entre amis, en famille pour y découvrir des produits, consommer des produits ou découvrir un panel d’offres qui viennent uniquement de la région Grand Est. On va y trouver de la gastronomie made in Grand Est, made in Moselle, made in Alsace : on mettra en avant le terroir. Mais aussi les artisans de la région. Ce sera aussi l’occasion de découvrir un panel d’offres touristiques. L’idée est de faire connaître des choses de notre région que le grand public ne connaît pas, et qu’il passe à côté de belles opportunités. »

- La FIM débute au moment de la visite du Pape à Metz ?

- L.H. « La FIM débute juste le week-end précédant sa venue. Il sera à Metz le lundi, journée moins importante avec une fréquentation moindre chez nous. Peut-être que tout le monde y trouvera son compte. Et après tout, peut-être qu’in fine, cela peut nous apporter des clients à la foire… »

La FIM 2026 met le Cap sur le Pacifique

Idéalement positionnée dans le calendrier et au cœur d’un territoire transfrontalier qui compte plus de 3 millions d’habitants, la Foire de Metz a toujours été le rendez-vous commercial de la rentrée et le point de rencontre d’une multitude de savoir-faire. Événement reconnu pour son dynamisme, la FIM a su tisser, année après année, des liens solides avec ses exposants, partenaires et visiteurs. Cette fidélité partagée rend aujourd’hui la Foire incontournable bien au-delà de nos frontières.

Classée parmi les grandes foires nationales, la FIM s’inscrit dans le réseau des 10 foires du groupe GL évents, offrant ainsi un cadre pro­pice au partage d’expertises reconnues dans l’événementiel. « Notre ambition pour cette foire : organiser ensemble une nouvelle édition, oscillant entre traditions et modernité » promettent les organisateurs.

Quelques chiffres qui vont vous convaincre que la FIM 2026 est bien lancée :

- 550 stands

- 25 secteurs référencés

- 11 jours de foire, 3 nocturnes

- Plus de 155 000 visiteurs en 2025

Cette année l’équipe organisatrice de la FIM invitera les visiteurs à mettre le cap sur les Îles du Pacifique à travers deux expositions originales :

• Exposition Les perles du Pacifique !

Voyagez au cœur des cultures et des paysages du Pacifique en visitant cette exposition originale proposée sur 1000 m2 : parcours tropical immersif, île de Pâques, lagons et farés, nature polynésienne, art & traditions…

• Exposition La Biodiversité du Pacifique !

Découvrez la faune, la fibre et la biodiversité polynésienne… Conçue comme un parcours expérientiel en plusieurs univers (forêt tropicale, lagon, coraux, espèces emblématiques…), cette exposition vise à émer­veiller, sensibiliser et éduquer autour des enjeux environnementaux. En partenariat avec le Zoo et l’Aquarium d’Amnéville.

Tous les jours profitez d’animations gratuites autour de l’artisanat, de la gastronomie et de traditions, proposées par l’association Pacifique France.

Au programme également :

- Exposition Le monde enchanté de Jean Morette : Cette exposition met en lumière le talent de Jean Morette (1911 – 2002), célèbre il­lustrateur lorrain reconnu pour ses nombreux dessins sur la Lorraine, publiés dans la presse et dans divers ouvrages. En collaboration avec les Archives municipales de Metz.

- Exposition Un trésor du patrimoine, l’Eurométropole : Une expo­sition itinérante, conçue par l’Eurométropole de Metz autour de la richesse patrimoniale des 46 communes du territoire. Elle s’inscrit dans une démarche de valorisation et de candidature au label « Pays d’art et d’histoire ».

La prochaine FIM sera aussi comme à l’accoutumée, festive et convi­viale avec :

- La 4e édition de Nos orchestres ont du talent !

- Des shows nocturnes ;

- Un jeu concours ;

- Des concerts ;

- Des journées thématiques ;

- Nouveauté 2026 : l’Application mobile de la FIM

- La 4e édition du Trophée Cristal Michel Roth & la 2e édition de la Mirabelle d’or ;

- La FIM du 25 septembre au 5 octobre 2026 au Parc des expos de Metz

- De 10h à 19h (sauf le dernier jour fermeture à 17h)

- Trois nocturnes jusqu’à 22h le samedi 26 septembre, le vendredi 2 octobre et le samedi 3 octobre ;

- Tarif d’entrée : 8,50 € Tarifs réduits disponibles

- Billetterie et programme détaillé sur www.foiredemetz.com

 

 

La délégation de service à Metz Schuman

• La perte de délégation de service public du centre des congrès de Metz est le résultat de l’appel d’offres remporté par l’EPDC Versailles, renommée Clameurs Events, la société gestionnaire du Versailles palais des Congrès. Le nouveau délégataire se voit dans l’obligation d’assurer les contrats signés par les collaborateurs actuellement en place sur le site jusqu’à 2028.

• Les chiffres de 2025 à Metz Evénements : Le bilan de Metz Evéne­ments en 2025 est de 151 événements accueillis (13 congrès natio­naux et internationaux), 11 conventions Grande Région, 13 salons, une grande exposition européenne, 19 spectacles, 94 réunions et assemblées générales). Il faut y ajouter 34 événements organisés qui ont attiré 35 000 visiteurs, 4400 exposants et 147 jours d’exploitation.

• Organigramme : Relevons après l’arrivée à la direction de Laurent Haas, la promotion de Patricia Stalder qui devient directrice adjointe, spécialiste des manifestations organisées.

Bernard KRATZ